Préparer la venue de son deuxième enfant : comment ?

famille de 2 enfants
Gaëlle Gauthier

Gaëlle Gauthier

Préparer la venue de son deuxième enfant: comment ?

Qu’évoque pour vous l’image ci-dessus ? Un foyer harmonieux ? Est-ce votre vision de l’avenir de concevoir à nouveau ? Et comment préparer la venue d’un petit être au sein de votre cellule familiale ?

Certaines d’entre vous s’attarderont sur le regard radieux de ce petit garçon âgé certainement de 7 ou 8 ans, qui a le meilleur des meilleurs compagnons pour la vie : son petit frère qui a visiblement à peine 20 mois ! D’autres mamans ressentiront peut-être aussi avec une grande sensibilité le regard fort de cette mère de famille… L’intensité du regard en dit long : ce n’est pas tous les jours facile de devoir gérer deux enfants et le travail de la grossesse peut avoir mis nos nerfs à nouveau à rude épreuve !

Cet article écrit, en toute sincérité, comme j’en ai l’habitude, fait suite au précédent « Désir d’enfant : souhaitez-vous agrandir votre famille ? »

Envisager la venue d’un deuxième enfant : craintes et interrogations légitimes

Je désire, ce soir, soulever des questions fondamentales de maman. Effectivement, un tel bouleversement dans l’organisation et les priorités de la famille ne s’improvise pas. Dater la conception ne suffit pas car parfois, des évènements imprévus peuvent remettre en cause beaucoup de choses, vous poussant finalement à vous interroger sur le moment propice pour entamer une grossesse et le début de la maternité. Vous pensez être prête ? Vous avez envie de ce beau bébé et vous lisez dans les yeux de votre homme que ce désir d’enfant est réciproque mais l’ultime question est le regard actuel de votre premier enfant sur toute cette transformation. Je m’explique.

Quel âge a précisément votre premier enfant ? S’il est en âge de comprendre, quel est son tempérament et son caractère foncier ? Plutôt calme, plutôt hyper dynamique ? Je sais que nous avons déjà évoqué ensemble cette image mentale que j’ai eue de me « visualiser » avec un nourrisson dans les bras, tout en gérant mon premier agité, avec une étonnante sérénité. Mais est-ce suffisant ? Est-ce que je suis allée au bout des choses pour me placer de son point de vue à lui, sur la venue d’un petit bébé qui va m’accaparer mon temps, mon attention, mes pensées et faire naître en moi une grande fascination ?

Oui, vous le savez comme moi, il est courant d’entendre parler de jalousie entre frères et sœurs. Il est même question d’une phase de jalousie inévitable quelques temps après la naissance du second enfant. Oui, mais si c’était si monumental direz-vous, comment se fait-il que la plupart des familles de notre pays n’hésitent pas à concevoir ? Tout dépend de vos limites émotionnelles et de ce que vous ressentez au fond de vous sur l’état émotionnel de votre premier enfant. Je parle en état de cause car je suis maman d’un enfant « atypique » qui canalise très mal son besoin de relation duelle – la présence d’une personne uniquement là pour lui – donc, dans notre famille se pose le problème de l’ampleur de la jalousie qui pourrait naître chez lui.

De plus, mon mari est issu d’une famille de cinq enfants dont un premier qui a fait une jalousie « maladive » à la naissance de sa sœur, et il n’a guère changé de caractère, même après la naissance de trois autres bébés. Mon mari garde le souvenir qu’il cassait les jouer des autres et qu’il n’a jamais accepté leur présence !

Cas extrême ? Oui et le contexte familial a été très particulier mais tout de même, il existe une possibilité que des difficultés supplémentaires surviennent et on aurait juste tendance à les occulter, nous qui visionnons toutes, avec des yeux pétillants, un beau bébé dans son grand parc, avec son hochet, qui babille, sous les yeux souriants de son grand frère…

Décider de concevoir ne devrait pas être envisagé juste après un déménagement ou un changement d’école. À vous de choisir le bon moment.

Et si votre réponse est quand même oui, comment concrètement préparer votre aîné ?

Selon les spécialistes, il va falloir l’impliquer dans cette nouvelle grossesse, pour que toute la famille s’épanouisse. Mais attention ! Pas trop tôt ! On le sait, ce premier trimestre de grossesse est chargé d’inquiétudes, avec, notamment, la peur de la fausse couche et vous allez pourtant, avoir des moments de faiblesse qui vont être difficiles à cacher. Mieux vaut donc attendre la première échographie pour annoncer la délicieuse nouvelle à votre petit qui aura, de surcroît, un support visuel – véritable témoin de votre grossesse – avec l’imagerie médicale. Bien sûr, votre ventre s’arrondira plus tôt que lors de votre première grossesse, ce qui l’aidera à comprendre petit à petit.

L’impliquer, signifie aussi parler en termes positifs de cette grossesse, même si vous souffrez de divers maux. Si vous vous plaignez souvent sans évoquer votre joie d’être enceinte, votre enfant verra cette transformation comme quelque chose de plutôt négatif, qui lui vole déjà du temps et de l’attention. À l’inverse, insister sur le fait, que « bébé va bien même si maman a un peu bobo, ce qui n’est pas grave » est déjà beaucoup mieux !

Enfin, l’impliquer, c’est lui faire autant choisir les vêtements du petit frère que la déco de la chambre et cela va jusqu’à le faire participer sur le change de bébé, par la suite, en lui demandant gentiment d’apporter le liniment et la couche propre.

C’est aussi une belle occasion de le responsabiliser en lui apprenant son rôle de grand. Rien n’est plus flatteur de lui dire « Tu es grand » ou « Tu es grande » et en tant que « grand frère » ou « grande sœur », il pourra faire ceci ou cela. Très important cependant, vos choix d’aménagement intérieur : il ne faudrait pas que votre aîné se sente lésé d’une façon ou d’une autre, si, par exemple, il change de chambre, si vous intervertissez les chambres. Réfléchir à l’organisation de la maison en amont, c’est éviter du stress, surtout si un déménagement est prévu. Déménager requiert de l’adaptation, ce qui n’est pas évident pour les petits, et cela peut être vécu comme une nouvelle contrainte en lien avec ce bébé inconnu…

Ma vision de maman d’un petit de quatre ans qui a une suspicion TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme)

ll nous est arrivé de réfléchir plus intensément, dernièrement, sur notre désir d’avoir un deuxième enfant. En raison de nouvelles circonstances (une phase d’agressivité chez notre enfant) nous sommes passés par des situations stressantes qui m’ont personnellement beaucoup affectées. Je précise que notre petit est suivi pour une suspicion TSA, donc, notre cas est un cas particulier. Cette phase difficile semblait terminée, car le problème rencontré a l’école semblait résolu mais à peine dix jours d’accalmie et encore des coups dans ses colères, ce qui nous a conduit à questionner notre choix et ce qui me conduit à vous écrire cet article.

Toute cette période a bouleversé nos plans. Ce que nous pensions être le plus des cadeaux pour Samuel – la présence d’un petit frère ou une petite sœur – pourrait se révéler être un vrai calvaire s’il faut se batailler pour éviter que maman reçoive un mauvais coup sur son ventre…

Notre petit n’est d’ailleurs pas du tout autonome dans le jeu, ce qui rend la situation très compliquée dans notre quotidien d’auto-entrepreneurs. Nous avons fait le choix d’être à notre compte pour permettre un vrai relais pour nous occuper à tour de rôle de Samuel, qui n’est pas scolarisé à temps plein, pour l’instant. Nous avons de larges plages horaires consacrées entièrement à lui, pour ses jeux et ses activités. Nous n’avons aucun parent pour nous relayer ni aucun autre dispositif de garde possible. Nous sommes des parents et aussi des aidants. Comment pourrions-nous le priver plusieurs heures dans la journée de notre présence ? Va-t-il accepter et supporter un tel bouleversement des priorités, étant donné que nous avons découvert une nouvelle facette de ses traits autistiques, avec forme d’agressivité envers nous ?

Je pense que vous comprenez plus aisément que notre beau projet est, pour le moment, reporté.

→ Et vous ? Avez-vous eu un deuxième enfant ? Avez-vous connu une phase de jalousie avec votre premier ? Comment avez-vous pu gérer ? Avez-vous un premier enfant en situation de handicap? Vos commentaires sont toujours les bienvenus !

Cette rubrique de blog « Devenir maman » est aussi un espace dédié à la parentalité et au ressenti de toutes les mamans ! En tous cas, je vous souhaite de mener à bien les projets qui vous correspondent vraiment et qui sont adaptés à votre situation. Nous avons toutes eu le bonheur de donner la vie ; nous avons un petit trésor dans notre foyer ! Si nos choix sont guidés par une réflexion bien menée, nous tendrons toujours à une meilleure harmonie familiale, quelle que soit notre décision finale. Merci encore d’avoir lu cet article jusqu’au bout et j’ai hâte de vous lire en commentaires !

– Gaëlle

Cet article a 2 commentaires

  1. Gauthier Élisabeth

    Merci pour ton partage, pour ma part j’ai 2 beaux garçons qui ont 7 ans de différences, les premières années n’ont pas été facile à vivre, car issu de 2 pères différents, puis une deuxième fois se retrouver seule, enceinte du 2ème, déménagement et en plus de région, recommencer à zéro sa vie, mais la joie d’avoir mes enfants que je ne regretterais jamais, au début dès l’arrivée du 2ème pour éviter la jalousie, je faisais participer le plus grand aux changes et bain, et à l’habillage et aux jeux et promenade, comme je l’ai allaité très longtemps pour raison de santé, l’aîné ne pouvais pas partager ce moment juste en le regardant mangée, et je lui expliqué que lui aussi je l’avais allaité. En grandissant, l’aîné était souvent en conflit car son frère bougeait beaucoup, des caprices et le grand rentrait dans l’adolescence donc plus les mêmes centres d’intérêt et le petit l’embêter tous le temps surtout quand il avait ses copains qui venait à la maison.
    Mais, à ce jour, ils ont grandit tous les deux, un de 25 ans et l’autre bientôt 18 ans et ils sont devenus très complices, ils sortent ensemble et sont toujours là l’un pour l’autre.
    Ce qui est beaucoup plus rassurant pour moi aujourd’hui, car malgré que je les ai élevés seuls, ils reconnaissent que j’ai tout fait pour eux et qu’ils n ‘ont manqué de rien, ni d’amour ce qui a comblé le manque d’un père qui n’ont jamais eu. Moi, j’ai joué les 2 rôles pas toujours facile, mais de savoir par ses propres enfants que s’ils ont réussi à bien grandir c’était grâce à mon amour et aux temps que je leur ai consacré, venant de la bouche de ses enfants c’est le plus beau des cadeaux de savoir que même seule, avec quelques soucis de santé, ils sont reconnaissant que je leur ai donné une bonne éducation sur tous les plans. C’est vrai que cela n’a pas été toujours facile, mais ma récompense c’est qu’ils sont fière de m’avoir pour maman (j’ai même pleuré quand ils me l’ont dit). C’est merveilleux….

  2. Merci chère Zabeth de nous livrer un peu de ton coeur sur mon blog ! Quel beau partage d’expérience qui ne manquera pas d’aider d’autres mamans à faire de bons choix pour leur famille et en fonction de leur situation très personnelle ! Sans aucun doute, tu as relevé avec succès le défi d’éduquer dans ton rôle de maman et de papa à la fois, avec des épreuves peu communes. En cela, tu le sais, je t’ai toujours admirée… Je me souviens à la maternité devant l’énorme responsabilité de devenir officiellement « maman » et ayant eu la chance d’avoir mon mari resté avec moi les 3 premiers jours de vie de notre petit trésor, j’ai eu dans mon coeur, un élan de profonde sympathie pour toutes ces mamans qui ne sont pas épaulées à ce moment crucial de leur vie de femme…
    Merci également de tes conseils pour l’interaction entre deux enfants car non seulement le change est un moment propice mais aussi le bain, c’est vrai, et comme tu le rappelles, les moments de jeux !
    Un grand merci de ton commentaire !

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