L’arrivée d’un enfant et votre identité de femme

Gaëlle Gauthier

Gaëlle Gauthier

L’arrivée d’un enfant et votre identité de femme

Qu’avez-vous ressenti quand vous avez serré votre petit trésor très fort sur votre cœur le jour de votre accouchement ? Ce jour-là, votre vie a changé du tout au tout ! Ce jour-là est, pour beaucoup d’entre nous, un des plus beaux jours de notre vie ! Pour celles qui attendent un enfant aujourd’hui, il s’agira d’une toute nouvelle page à écrire dans le livre de votre vie ! À quels genres de bouleversements faut-il s’attendre lors de l’arrivée d’un enfant ? Pourquoi doit-on évoquer la notion d’identité de femme face à votre nouvelle identité de maman ?

Des sentiments entremêlés pour une nouvelle recherche d’identité

Si vous êtes mariée, il y a eu un avant et un après, à compter du jour J ! Le moment de la signature des mariés sur les documents officiels de la mairie atteste votre statut d’épouse : vous êtes officiellement « Madame » !  Quand votre bébé naît, il en est de même : vous devenez « Maman » officiellement, bien que l’attachement pour votre petit ait déjà commencé in utero avec ce fameux instinct maternel, implanté en vous. Seulement voilà, le jour J de la naissance a fait naître en vous un sentiment complément neuf, surprenant, une émotion intense et joyeuse, qui devient parfois même déroutante pour certaines, durant les heures qui suivent l’accouchement, laissant place finalement, à de multiples sujets d’inquiétude.

Est-ce que je vais réussir à allaiter mon enfant ? Est-ce qu’il prendra suffisamment de poids ? Est-ce que je vais arriver à lui apporter tout ce dont il a besoin car il est si fragile ?

Pourquoi parler de notre identité de femme ?

Tout simplement, parce que même si être mère va vous changer en profondeur, vous ne devez pas oublier pour autant votre identité de femme, c’est-à-dire ce qui fait que vous êtes vous-même, avec votre personnalité, vos valeurs et vos aspirations. On ne fait pas mourir la femme qui est en nous quand on devient mère. Il s’agit d’une transformation, suivie d’une adaptation. Je m’explique.

Je ne parle pas ici de séduction avec l’emploi du mot « femme », bien que le rapport au corps, à la perception de soi, et à la beauté de physique ont forcément été modifiés en raison du changement de morphologie liée au stade de la grossesse. J’entends ici, les aspirations profondes de la femme intérieure que nous sommes depuis toujours.

Je souhaite évoquer le réel danger psychologique qu’il y aurait à s’oublier complétement. On entend parler, depuis quelques temps, sur les réseaux, de « Matrescence » pour souligner le changement total – biologique et psychologique – de la femme qui devient maman, mais ce dont je souhaite parler avec vous, en toute franchise, c’est justement des limites de cette transformation, même si elle n’en demeure pas moins fascinante.

Le rôle des hormones dans notre identité de femme

Effectivement, au départ, toute mère a les yeux rivés sur son enfant. Il est l’objet continuel de ses pensées. Cet attrait merveilleux est lié en grande partie à l’hormone nommée « ocytocine ».

À la maternité, je me souviens que le deuxième jour, j’ai fait un petit cauchemar dans la nuit, lors des deux pauvres petites heures de sommeil que je pouvais grapiller entre les heures de tétées – biberons ! Pendant ce mauvais rêve où l’on me poursuivait pour me tuer, j’ai entendu, au cœur même de ce cauchemar, le cri de mon petit qui avait faim et je me suis surprise à décider, au cœur de ce scénario funeste de course-poursuite délirante, de mettre un terme à cette histoire sordide et à quitter la scène en me disant : « ah mais je dois sortir maintenant car je dois m’occuper de mon bébé, c’est urgent ! », ouvrant les yeux pour me précipiter vers le joli berceau transparent de la maternité ! Ce petit aparté est là pour vous illustrer ce phénomène incroyable qu’est l’attachement. Le lien avec votre enfant est fascinant, incroyable et il est comme programmé pour votre bien et le sien.

Cependant, avec le temps, il induit des choix précis et une recherche d’équilibre. À mesure que votre enfant grandit, il n’est plus au stade du nourrisson, entièrement dépendant des soins de ses parents, notamment lorsqu’il atteint le cap des deux ans, développant déjà sa petite personnalité, vous laissant entrevoir un peu d’autonomie. Cette phase est importante dans votre rôle de maman et vous vous surprendrez peut-être à vouloir entreprendre de nouvelles choses dans votre vie. C’est à ce moment-là que vous avez le droit de penser à vous et d’oser aller jusqu’au bout de cette phase nouvelle de questionnement sur votre rôle de mère et de femme.

 J’ai discuté avec plusieurs mamans et amies et elles ont chacune leur histoire, parfois liée aux difficultés rencontrées à l’accouchement ou aux conséquences d’une souffrance émotionnelle bien présente en rapport avec un papa absent dans leur nouvelle vie. Je ne porte donc, aucun jugement mais je souligne simplement que si la relation mère-bébé doit être puissante, hautement émotionnelle et indestructible, elle doit néanmoins ne pas être de la dévotion, ni de l’interdépendance à vie. Quel est donc le juste équilibre ? A-t-on finalement le droit de « reprendre » bel et bien notre identité de femme, pour ne pas être éternellement confinée et cachée par notre rôle prépondérant de mère ? Doit-on nécessairement se priver de tout ce qui nous fait rêver pour nos enfants ? Ne peuvent-ils pas, tout simplement, s’épanouir à côté de nos projets de femme, nourris de notre amour et de notre soutien indéfectible ?

Le juste équilibre dans votre nouvelle identité de maman

À mon humble avis, on peut parler d’adaptation à une nouvelle vie. On le sait, la naissance d’un enfant est inspirante pour beaucoup de femmes. Il peut s’agir de nouveaux talents artistiques ou musicaux à développer aux côtés de son enfant, dans le cadre d’activités de loisirs pour une ambiance agréable et ludique, de nouveaux centres d’intérêts pour avoir un passe-temps, seule. Pour certaines femmes, il peut être nécessaire d’en venir à de nouvelles perspectives professionnelles pour travailler à mi-temps, en ayant eu le temps de la réflexion, avant de se lancer.

En bref, dans tous les cas, ce qui compte, c’est de garder l’idée que ne pas couper le cordon ombilical – au sens figuré – serait une erreur. On n’élève pas un enfant pour le garder toujours avec soi, n’est-ce pas ? Alors, pourquoi devrait-on renoncer à tous nos rêves et toutes nos aspirations et cela, en un seul jour ? Gardez le meilleur de ce que vous êtes intérieurement pour partager ce que vous avez de plus précieux avec votre enfant. Votre enfant doit vous voir heureuse. Il doit constater que sa propre maman a gardé son identité de femme pour s’épanouir au quotidien. À l’inverse, une surprotection envers son enfant, en ne lui permettant pas de sortir de son monde tourné vers sa petite personne – stade normal de la psychologie de l’enfant chez le tout-petit – car nous aurions développé une interaction déséquilibrée, nous privant de ce fait, de tout ce qui nous passionnait jusqu’alors, serait nuisible sur le long terme et même handicapante dans sa vie d’adulte.

Ainsi, continuons en tant que maman à construire un équilibre entre notre rôle de mère et de femme pour le plus grand bonheur de toute la famille !

Et vous, qu’avez-vous pensé de cet article ? Votre vie de maman at-elle bouleversé en bien l’équilibre établi ? Quels ont été les sujets d’inspiration liés à l’arrivée de votre enfant dans votre vie de femme ?

D’accord ou pas d’accord, n’hésitez pas à commenter ci-dessous (en restant sympathique bien sûr !). Le partage avec une communauté de mamans est le but de ce blog !

– Gaëlle

Cet article a 2 commentaires

  1. Zabeth

    Pour ma part, n’ayant pas connu ma mère, lorsque je suis devenue maman, à été très fort pour moi et mon ressentie de femme a été plus intense, le fait d’avoir eu mes 2 garçons je suis une maman très futionnelle dès l’accouchement et ma vie de maman est toujours très important pour moi.

    1. Merci beaucoup de ce partage ! Oui, chaque maman vit une expérience tout à fait personnelle dans son rapport à la grossesse et la venue de son enfant. L’important est de garder un équilibre dans notre vie personnelle pour que chacun s’épanouisse, malgré les diverses épreuves de la vie. Je me rends compte moi aussi que je suis très fusionnelle avec mon petit et il a beaucoup de mon caractère, ce qui donne parfois une petite relation conflictuelle mais l’attachement fait toujours des merveilles pour résoudre les difficultés !

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